On réagit différemment en tant que malade ou proches... Souvent le proche à la lourde tâche d'accepter la maladie de son conjoint, ami ou enfant mais aussi de le soutenir.
Il est souvent difficile de trouver les mots ou les gestes pour accompagner l'autre. On l'oublie souvent mais la maladie est aussi difficile à concevoir pour le proche que pour le malade.
S’il n’y a donc pas de recette miracle, la communication et l’écoute de l’autre restent primordiales. Avis d’experts…
« Le cancer fait prendre conscience de ce qu’est la vraie solitude », explique Nicole Landry-Dattée, psychologue-psychanalyste à l’unité d’onco-psychologie de l’Institut Gustave-Roussy, à Villejuif (94). « La personne malade sait que personne ne peut vivre cette épreuve à sa place. Et pour l’entourage, il y a cette tristesse de ne pouvoir rejoindre l’autre dans sa souffrance. »
Pierre Saltel, psychiatre au centre Léon-Bérard de lutte contre le cancer à Lyon (69) souligne « le cancer est parfois plus perturbant pour les proches que pour le malade. Après un instant légitime de désarroi, la personne atteinte d’un cancer va retrouver ses marques. Il est parfois plus compliqué de regarder quelqu’un se débattre que de se débattre soi-même. »
Nicole Alby, présidente d’Europa Donna France, association qui réunit les femmes ayant souffert d’un cancer du sein, partage cet avis : « Les proches ont mal eux aussi, ils se demandent comment aider la personne malade. Mais on ne peut pas se mettre à la place de l’autre. Il faut accepter d’être à côté. »
Pour le docteur Pierre Saltel, psychiatre au centre de lutte contre le cancer Léon-Bérard de Lyon (69),
« quelqu’un qui souffre d’un cancer a besoin d’une aide très concrète, de témoignages d’affection et d’une forme de confiance. Certains proches ont souvent des propos confiants aux lèvres :
« Il faut avoir le moral », « Il faut être souriant ». Reste que le challenge est de savoir témoigner de la confiance au malade sans pour autant lui faire porter toute la responsabilité de l’évolution de sa maladie. »
« Il est difficile pour un proche d’avoir une juste appréciation du cancer, précise Pierre Saltel. Au départ, l’entourage peut avoir tendance à dramatiser puis, au fur et à mesure que les traitements se mettent en place, il se laisse bercer de douces illusions, se disant que leur proche est totalement guéri. »
« Il est essentiel de garder la communication à un niveau assez authentique, souligne le docteur Françoise Bessis, présidente de l’association Psychisme et Cancer. Le malade a besoin de s’appuyer sur quelqu’un mais il ne s’agit pas de l’infantiliser. »
« Le cancer est une maladie chronique qui demande un accompagnement sur la durée, une aide renouvelée mais c’est au malade d’en faire la demande », reprend Françoise Bessis.
Nicole Landry-Dattée conclut : « Le proche ne doit pas forcément être dans le faire mais dans l’être. C’est leur présence qui importe. »
Source : www.proximologie.com